CEDEAO : L’initiative ’Faim Zéro’ prend corps en Afrique de l’Ouest : avec une approche fondée sur le droit à l’alimentation

mercredi 26 février 2014

Auteur : Abel Gbêtoénonmon

Thème : Agriculture et souveraineté

Pays : Ghana

Mots-clés : Faim, agriculture, CEDEAO, FAO

La Capitale ghanéenne (Accra) abrite depuis lundi 24 février 2014 l’atelier de lancement officiel du projet "Faim Zéro" de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Conçu par la CEDEAO en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec un financement de l’Allemagne, ce projet est le premier appui structuré visant exclusivement l’opérationnalisation de l’initiative "Faim Zéro" dans une approche fondée sur le droit à l’alimentation.

En complément et en renforcement de plusieurs initiatives et efforts déjà en cours en Afrique de l’Ouest, le projet "Faim Zéro" vise à concrétiser l’ambition d’éradiquer la faim et la malnutrition dans la région à l’horizon 2025. Il s’agit pour la CEDEAO de mener une série d’actions, avec l’expertise de la FAO et l’assistance de ses partenaires, pour renforcer les stratégies et les programmes existants ciblant l’insécurité alimentaire et la malnutrition dans les pays de la CEDEAO, et améliorer la gouvernance pour la concrétisation du droit humain à l’alimentation.

La curiosité partagée par beaucoup de participants est de savoir quelle valeur ajoutée le projet peut apporter aux efforts déjà en cours en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et de résilience des populations aussi bien au niveau des pays qu’au niveau régional.

Les travaux permettent de passer en revue et d’approfondir les questions liées à l’agriculture, à l’alimentation, à la nutrition, à la protection sociale et à la résilience des populations.

L’enjeu est d’amener les acteurs impliqués à avoir une compréhension commune de la problématique du droit à l’alimentation et d’analyser comment et en quoi les programmes d’investissement agricole en cours dans la région, les processus connexes tel que celui de AGIR avec le Réseau de prévention des crises alimentaires et autres initiatives peuvent mieux contribuer à l’éradication de la faim et de la malnutrition, dans une approche fondée sur le Droit à l’alimentation.

A l’ouverture des travaux le Commissaire de la CEDEAO en charge de l’agriculture, Monsieur Marc Atouga Laponi, le représentant de la FAO à Accra, M. Lamourdia Thiombiano et l’Ambassadeur de l »Allemagne près le Ghana, . John Ruediger, ainsi que le Ministre ghanéen en charge de l’alimentation et de l’agriculture, M. Clement Kofi Humado ont tous insisté sur les spécificités de l’Afrique de l’Ouest et les tendances lourdes en matière d’accroissement démographique et d’urbanisation avec des défis en matière de disponibilité, d’accessibilité et de qualité de la nourriture. Ils ont mis l’accent sur le caractère multisectoriel et multidimensionnel de la question de la faim et de la malnutrition.

La société civile dans son ensemble a approuvé la valeur ajoutée que peut constituer l’approche d’éradication de la faim et de la malnutrition fondée sur le droit. Elle insiste sur la caractère holistique du droit à l’alimentation et la nécessité de légiférer sur cette question pour la portée à un niveau d’engagement politique élevé et partagé par l’ensemble des acteurs.

Depuis environ deux ans la CEDEAO a adopté l’initiative "Faim Zéro" comme ambition politique et cadre programmatique visant l’éradication de la faim et de la malnutrition à l’horizon 2025. Le présent projet, financé par la République d’Allemagne à travers la FAO, est le premier pas de concrétisation des ambitions de la CEDEAO contenues dans l’initiative Faim Zéro, à en croire les explications du Directeur à l’agriculture de la CEDEAO, M. Sy Alain Traoré.

L’initiative ’Zéro Faim’ en Afrique de l’Ouest s’inspire de l’expérience du Brésil et souscrit à la vision des Nations-Unies pour "un avenir où personne n’aura faim, où chaque femme, enfant et homme puisse jouir du droit à la nourriture, où les femmes sont autonomes financièrement, où la priorité est accordée à l’agriculture familiale et où les systèmes de l’alimentation sont durables et résilients".

Pour permettre à toutes les parties prenantes d’être plus ou moins au même niveau d’information, les expériences au Brésil et en Amérique de latine ont été largement présentées par le Professeur Renato Maluf avec l’appui des cadre et experts de la FAO. L’accent est mis sur l’importance du dialogue et de l’implication des organisations de la société civile pour la réussite de l’initiative Faim Zéro.

En dehors des représentants des Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA, du Secrétariat du CILSS et de la FAO, ont pris part aux travaux des représentants des Etats, les acteurs non étatiques et les partenaires techniques et financiers. L’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation, structure de mise en œuvre de la CEDEAO, fortement concerné par le projet, est représenté par son Directeur général, M. Ousseini Salifou (ancien Commissaire à l’agriculture de la CEDEAO). L’atelier prend fin le mercredi 26 février 2014 avec la mise en place d’un Comité de pilotage impliquant l’ensemble des parties prenantes y compris les acteurs non étatiques.

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