Brefs aperçus sur les compagnies des Brics en Afrique

mercredi 14 mai 2014

Source : Pmbazuka news

Thème : Relations Brics-Afrique

Mots-clés : Brics, Ressources naturelles, Afrique

Pendant que les pays Brics s’implantent plus profondément en Afrique, les gagnants sont les multinationales et les corporations paraétatiques, y compris certaines basées dans les pays industrialisés - par exemple le commerce de détail Walmart - qui achètent des produits semi-finis ou finis dans les Brics. Et cela, de concert avec les élites locales qui facilitent le pillage par la corruption, des coûts surfaits et l’accès à notre électricité moins coûteuse.

De nombreux pays africains, sinon tous, sont situés à l’extrémité de ce qu’Emmanuel Wallerstein a qualifié il y a trente ans de relation centre/périphérie, une position qui les appauvrit encore davantage au profit des riches pays industrialisés du centre. Les Brics représentent des impérialistes en devenir, qui s’efforcent d’améliorer leur position respective dans le système mondial, progressant peut-être vers un pouvoir impérialiste et ensuite vers un statut de super puissance impérialiste comme ce fût le cas de l’Urss à une époque. Ces pays, avec des niveaux différents de développement économique, d’influence politique, de positions géopolitiques dans la politique mondiale et des intérêts sur le continent africain en général, en Rdc en particulier.

Mais ils ont tous quatre caractéristiques en commun. Premièrement, les Brics offrent d’importantes opportunités d’investissements étrangers directs (Ied), attirés par des méga développements comme celui du barrage hydraulique de la Congo Inga River ou par l’extraction du pétrole ou des minerais, paupérisent la population même qui devrait en bénéficier. La paupérisation se fait par la dépossession des ressources naturelles avec peu ou pas de compensation, un partage inéquitable des coûts et bénéfices des super projets de développement, du remboursement de la dette contractée pour la construction de ces projets et une exclusion structurelle de l’accès aux résultats de ces initiatives.

Deuxièmement, les Brics pratiquent le même modus operandi à leur différentes étapes impérialistes, soit comme des pays impliqués en Afrique depuis très longtemps (Russie, Chine), soit nouvellement arrivés (Inde), soit comme ceux qui ont une tradition sub-impérialiste (Brésil, Afrique du Sud). Le modèle est similaire : accumulation par dépossession en abusant de la politique locale par l’intermédiaire des élites nationales, des seigneurs de la guerre et des économies de guerre comme c’est le cas dans l’Est de la Rdc, avec l’Occident comme consommateur des flux de matière première, qui ont coûtés six millions de vies ou plus.

Troisièmement, les Brics ont les mêmes intérêts dans les ressources naturelles, y compris le gaz, le pétrole, les gigantesques projets de barrages pour l’eau et l’électricité afin de satisfaire leurs exigences pour de l’électricité abondante et peu coûteuse. Ils sont aussi activement impliqués dans la recherche de nouveaux marchés et promeuvent la construction de routes, de chemins de fer, de ponts, de ports et autres infrastructures. Mais il est souvent difficile de faire la différence entre ces infrastructures et celles de l’époque coloniale qui visent à amener plus rapidement les matières premières extraites sur le marché mondial.

Quatrièmement, les Brics ont un bilan misérable en matière de réglementation pour l’environnement. Il n’y a pratiquement aucun engagement pour atténuer le changement climatique et investir dans des énergies véritablement renouvelables, prendre sérieusement en compte l’impact sur l’environnement, consulter et compenser des communautés qui subissent des effets négatifs.

Trois des pays Brics se sont effondrés en 2013 pour rejoindre les "cinq fragiles". La Russie s’est effondrée en mars 2014 en raison de son implication dans la politique ukrainienne et son accaparement de la Crimée. La Chine a accusé un surprenant déficit en février 2014 du fait que plusieurs de ses principales industries ont diminué leur production. Il y a ainsi du désespoir dans l’air. Les prix d’importantes matières premières comme le cuivre et le fer tombent et les Brics semblent avoir besoin de nouvelles niches commerciales et d’énergie pour pas cher obtenue grâce au pétrole, au charbon et à l’hydroélectricité qui peuvent faire diminuer le coût de l’extraction et du transport. Mais la situation est différente pour chaque pays.

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