Plateforme des Organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest sur l’Accord de Cotonou (POSCAO)

CEDEAO/Accord de Partenariat Economique : La Poscao salue le "courage des chéfs d’Etat Africains qui reconnaissent qu’ils restent quelques questions techniques à résoudre"

DECLARATION SUR LES APE

lundi 14 avril 2014

Thème : Accord de partenariat économique(APE)

Mots-clés : APE, yamoussokro, CEDEAO, déclaration, société civile, POSCAO.

A l’issue de la Quarante-quatrième Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO tenue à Yamoussoukro les 28 et 29 mars 2014, les leaders de l’Afrique de l’Ouest ont reconnu « qu’il reste quelques questions techniques à résoudre » dans la négociation de l’APE et ont instruit « les négociateurs en Chef de prendre les mesures nécessaires, dans un délai de deux mois, en vue de trouver une solution aux questions soulevées par certains Etats membres, notamment le Nigeria, avant la signature de l’Accord. La Conférence instruit les Négociateurs en Chef de mettre en place un Comité technique incluant des représentants du Nigeria, du Ghana, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, pour examiner ces questions et soumettre leurs conclusions aux Chefs d’Etat et de Gouvernement. »

La plateforme des organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest sur l’Accord de Cotonou (POSCAO), en partenariat avec de nombreuses organisations du secteur privé, des mouvements de jeunes, de femmes, etc., se félicite de cette décision courageuse et clairvoyante qui marque l’attachement des Chefs d’Etat de la CEDEAO à l’intégration économique régionale et à la protection des économies encore vulnérables de l’Afrique de l’Ouest. A la suite des Ministres du Commerce qui avaient refusé de valider le compromis sur l’APE lors du Comité ministériel de suivi (CMS) du 17 février 2014 à Dakar, les Chefs d’Etat viennent à leur tour de suivre les arguments que la société civile a exprimés à maintes occasions. La société civile les encourage pour cet acte de responsabilité.

Les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont refusé la fuite en avant vers l’aventure car la conclusion de la négociation a été bâclée et d’importantes questions ont été traitées avec une légèreté et une précipitation que rien ne justifie. Les exigences illégitimes et dangereuses de l’Union européenne doivent être rejetées. Certaines questions techniques doivent faire l’objet d’une renégociation sérieuse car les concessions de l’Afrique de l’Ouest sont inappropriées et pourraient avoir des conséquences dramatiques sur l’économie régionale dans le futur. Parmi ces questions, les plus préoccupantes sont : l’offre d’accès au marché, la Clause de la Nation la Plus Favorisée (NPF), les taxes de l’exportation, les clauses de rendez-vous et le PAPED. Sur ce dernier point, la société civile attire l’attention des Chefs d’Etat sur les contre-vérités avancées à propos du PAPED par l’UE et amplifiées par certains acteurs de la région. L’Union européenne laisse courir le bruit selon lequel elle fournira 6.5 milliards d’Euros par tranches de 5 ans à trois reprises, ce qui ferait à l’arrivée près de 19 milliards d’euros en 15 ans. Ce qui, dit l’UE, serait supérieur aux 15 milliards d’Euros demandés par l’Afrique de l’Ouest, oubliant que ces 15 milliards exigés par l’Afrique de l’Ouest ne concernent que les 5 premières années.

Tejiendo Redes.
C/ Hermanos García Noblejas, 41, 8º. 28037 - MADRID.
Tlf: 91 4084112 Fax: 91 408 70 47. Email: comunicacion@fidc.gloobal.net

SPIP |