Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest »

Abidjan : 24 – 27 février 2014

mercredi 19 février 2014

Source : Panos

Thème : Femmes et médias

Pays : Afrique de l’ouest

Mots-clés : femmes, médias, panos, journalisme

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest » financé par l’Union Européenne pour une durée de trois ans, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) organise à Abidjan une session de formation au journalisme d’investigation, à l’intention de 12 journalistes de médias mainstream venant de 3 pays (Côte d’Ivoire, Bénin et Guinée).

L’objectif de ce projet est renforcer les synergies inter pays et / entre journalistes et OSC (notamment de femmes) pour accroitre la participation politique des citoyens, en particulier les femmes, leur contrôle sur l’action publique et la redevabilité des élus en Afrique de l’Ouest (Bénin, Sierra Leone, Ghana, Guinée, Côte d’ivoire).

Dans le cadre de ce projet, il y a deux ou trois mois, des ateliers de formation thématique ont été organisés dans tous les pays ciblés sur la responsabilité des citoyens dans le suivi de l’action publique, la veille sur la gouvernance et la lecture critique du budget. Une formation technique en animation de débats radio destinée aux radios locales avait suivi.

En effet, dans les pays ciblés par le projet et même au-delà, il a été noté qu’un manque de contrôle citoyen sur la gouvernance entraîne la marginalisation des citoyens dans les décisions et en particulier dans l’accès aux ressources publiques et donc une répartition inégale qui ne contribue pas à la réduction de la pauvreté. Par ailleurs, la corruption constitue l’un des symptômes les plus visibles de cette mal-gouvernance.

Parmi les facteurs identifiés de la mal-gouvernance et de la corruption, l’absence de contre pouvoirs et l’inefficacité des mécanismes de contrôle et de reddition des comptes figurent aux premières places ; face aux insuffisances des institutions publiques censées effectuer un suivi des dépenses, les médias et les citoyens, pourraient jouer un rôle de veille plus actif, voire contraindre les gouvernants à rendre compte de leur gestion des biens publics. Seulement, le principal problème des médias est qu’ils restent toujours prisonniers de certains sujet d’ordre général et sensationnel, parce que peu outillés pour effectuer des enquêtes en profondeur. En effet, certains actes de mal gouvernance étant peu perceptibles, seules des recherches fouillées peuvent permettre aux journalistes de donner une information de qualité parce que documentée et vérifiée. Par conséquent, l’information, son partage et son amplification sont décisifs dans le contrôle par, et la participation des citoyens à condition que les journalistes maîtrisent les questions de gouvernance.

Après une série de débats radio destinés à susciter le dialogue au niveau local, la plupart des problèmes soulevés par les radios communautaires peinent à être perceptibles au niveau national, raison pour laquelle, les communautés peinent à voir les décideurs y apporter des solutions.

Cette situation est due en partie aux faibles capacités techniques et financières qui empêchent les journalistes de mener des investigations approfondies sur certaines thématiques.

Pour trouver des solutions à ces contraintes, l’IPAO à la suite de différentes concertations avec ses partenaires a retenu le journalisme d’investigation, la mise à disposition d’une documentation pertinente sur les différentes thématiques, ainsi qu’un dispositif d’accompagnement (mentoring) comme éléments constitutifs d’une possible solution.

Cette formation de renforcement des capacités de douze (12) journalistes des 3 pays ciblés, vise à terme à créer les conditions d’une articulation entres les niveaux local et national afin que les journalistes formés puissent être en mesure de traiter correctement de problèmes de gouvernance concernant surtout les femmes dans le cadre de reportages/enquêtes ou magazines documentés et de qualité sous la direction de mentors.

2 - Objectifs de la session

Cette session de formation a pour objectifs de :

 Renforcer les capacités techniques et éditoriales des journalistes pour mener des investigations approfondies sur les enjeux de la gouvernance impactant le plus les femmes en Cote d’Ivoire, au Bénin et en Guinée

 Créer les conditions pour une diversification et une amélioration de la qualité des productions des médias cibles sur les questions de gouvernance en rapport avec la responsabilité des citoyens, la veille sur la gouvernance et le suivi du budget

 Créer les conditions pour une meilleure articulation des niveaux local/national dans les productions médiatiques.

3 - Résultats attendus

Au terme de cette activité :

- les participants sont capables d’identifier des sujets et de poser des hypothèses de recherche pour mener des investigations sur les thématiques définies par le projet suite à la première formation thématique ;

- ils ont une bonne compréhension/maîtrise des techniques du journalisme d’investigation (constitution de documentation, identifications de sources, techniques de vérification, etc.) ;

- ils sont capables de traiter ces sujets selon des angles diversifiés et de manière documentée, à partir d’informations collectées auprès de sources diversifiées (populations, élus, experts ou documents) ;

- ils sont capables de produire des dossiers fouillés en utilisant des genres rédactionnels variés et pertinents.

4 - Cibles et profil des participants

Dans chaque pays, le premier ciblage de six journalistes mainstream a été effectué par les partenaires lors de la formation thématique. Il s’agit maintenant de voir ceux qui ont montré le plus d’intérêt par leurs productions post formation et d’opérer le choix définitif de quatre d’entre eux et de les retenir pour la formation, non sans s’assurer d’abord de l’engagement de leur média à désigner un mentor au sein de leur rédaction pour garantir la publication des dossiers.

Ainsi, pour chaque pays, 2 radios et 2 organes de presse seront sélectionnés pour la formation avec une priorité pour les femmes.

5 - Organisation de l’atelier

La partie thématique étant déjà assurée pendant une formation précédente, la première matinée sera réservée à des rappels thématiques. La partie technique et éditoriale d’une durée de trois (3) jours permettra aux participants de se familiariser avec les techniques, outils et méthodes du journalisme d’investigation.

Pour les participants, le choix des sujets prendra en compte les spécificités de chaque pays abordées durant les sessions de formation thématique. C’est pourquoi, il sera demandé aux journalistes de ne pas rester sur des aspects généraux, mais de choisir des sujets précis et ciblés qui pourront faire l’objet d’enquêtes minutieuses et approfondies.

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