L’OMC tue les paysans

lundi 2 décembre 2013

Source : nyeleni

Thème : L’OMC et les paysans

Mots-clés : Nyéleni, OMC, paysans,

Lors de sa fondation en 1995, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) promettait aux pays en développement que cet accord multilatéral de libre-échange universel allait apporter le développement et la croissance économique. Après 18 ans d’existence, il est clair que le développement et la croissance sont réservés aux pays riches et industrialisés ainsi qu’à leurs entreprises.

Le cycle de Doha, aussi connu comme le Programme de Doha pour le développement, est à la base des négociations en cours à l’OMC. Son objectif global est de se débarrasser des dernières barrières commerciales pour faciliter les flux de marchandises.

Le cycle de Doha a surtout permis d’avantager les pays développés tout en exigeant de plus en plus de concessions aux pays en développement. Il était aussi question de réduire la liberté politique des gouvernements des pays en les enfermant dans le dogme rigide de la libéralisation des échanges à travers le démantèlement des politiques publiques qui protègent les industries naissantes, l’agriculture paysanne, les services publics et la santé publique.

Après plusieurs années de négociations au point mort, l’OMC essaye à présent de se doter d’un second souffle en vue de la Conférence de Bali Après s’être rendu compte qu’il était trop difficile de parvenir à une convergence sur le cycle de Doha, l’OMC travaille sur un plus petit nombre d’accords qui seront plus facile à obtenir et à faire aboutir.

De même que le discours sur l’aide au développement, la Conférence de Bali prétend vouloir soutenir la croissance des pays en développement ou des Pays les Moins Avancés (PMA). On peut toutefois affirmer, après une analyse plus approfondie, que les textes en négociations assurent en réalité de nouveaux avantages aux pays développés en échange de certaines promesses creuses faites aux pays pauvres.

Les trois sujets principaux sur lesquels l’OMC se penchera à Bali sont les suivants :

- La facilitation des échanges,
- L’agriculture
- Le développement des PMA.

La facilitation des échanges constitue la pierre angulaire de Bali. Une fois adopté, l’accord deviendra juridiquement contraignant et simplifiera les procédures douanières en autorisant des échanges commerciaux plus rapides et plus aisés aux entreprises. Il s’agit là d’un des « problèmes émergents » fermement rejetés par les pays en développement lors de la Conférence ministérielle de l’OMC en 2003 à Cancún au Mexique. (Pour rappel, les quatre « problèmes émergents » sont la concurrence, les marchés publics, l’investissement et la facilitation du commerce.) Les pays développés et leurs multinationales sont sur le point de profiter au maximum d’un accord sur la facilitation des échanges étant donné qu’il leur permettra un accès plus libre aux marchés des pays en développement.

L’accord proposé sur l’agriculture concerne les revendications de longue date des pays en développement voulant mettre un terme à l’exportation des subventions des pays riches, accéder aux marchés des pays développés et obtenir le droit d’instaurer des stocks publics pour la sécurité alimentaire et l’aide intérieure. Ce qui ressort jusqu’à présent est que les pays développés ne vont respecter aucune de leurs promesses. Ils ne vont ni mettre un terme aux subventions à l’exportation d’ici à 2013, ni permettre aux pays en développement d’accéder à leurs marchés. De plus, les pays développés sont uniquement disposés à faire une concession temporaire pour autoriser les pays en développement à aider leurs petits paysans.

Les promesses concernant le développement des Pays les Moins Avancés sont donc uniquement ce qu’elles sont, des promesses. En effet, l’accord proposé ne contient qu’un infime véritable traitement spécifique et bénéfique visant à encourager les PMA et représente en réalité beaucoup moins que ce qui leur avait déjà été promis lors des Conférences ministérielles précédentes.

Pour conclure, alors que l’OMC se remet sur pied et prépare l’échéance de Bali la menace la plus pesante est celle de l’ouverture de négociations concernant d’autres secteurs qui n’étaient précédemment pas du ressort de l’OMC ainsi que la menace de la libéralisation renforcée des échanges dans ces secteurs.

Consulter ce lien

Voir en ligne : L’omc tue les paysans

Tejiendo Redes.
C/ Hermanos García Noblejas, 41, 8º. 28037 - MADRID.
Tlf: 91 4084112 Fax: 91 408 70 47. Email: comunicacion@fidc.gloobal.net

SPIP |