Coalition non APE

La CEDEAO priée de ne pas signer les APE

Déclaration de la coalition nationale non aux APE

lundi 22 septembre 2014

Thème : coalition NATIONALE contre les APE

Type de document : Déclaration

Mots-clés : APE, coalition, déclaration, Sénégal

Coalition nationale contre l’accord de partenariat économique (APE)

" Ne signez pas l’APE en notre nom"

« Si l’Europe n’a plus que la camisole de force des APE à nous proposer, on peut se demander si l’imagination et la créativité ne sont pas en panne à Bruxelles » Abdoulaye WADE, 2007, Ancien Président de la République du Sénégal.

Politiquement affaiblis par la menace de destruction l’intégration régionale si l’APE n’est pas signé à la date du 1er octobre 2014, les Chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest ont cédé à la pression européenne et ont approuvé l’accord de partenariat économique en juillet dernier.

Nous rejetons vigoureusement cet accord qui supprime les droits de douanes sur 75% des produits que nous importons d’Europe dans un délai de 20 ans au maximum. Certes, depuis le rejet de l’APE par les Président Wade, Obassanjo et bien d’autres Chefs d’Etats africains, soutenus par l’ensemble des peuples d’Afrique ainsi que de nombreux amis européens, les négociations se sont poursuivis pour parvenir à un accord juste.

Mais le compromis obtenu n’est pas acceptable pour le Sénégal. Aucun expert des ministères et aucune autorité politique n’a jusqu’ici réussi à démontrer le bien fondé de cet accord qui impacte durablement l’avenir de notre Nation.

Il est désormais évident que les intérêts économiques d’une poignée de pays ouest africains et les intérêts politiques et diplomatiques de quelques Chefs d’Etat ont pris le dessus sur l’avenir de toute une région. Toutes les analyses effectuées depuis 2003 ont montré que l’APE aura des conséquences néfastes sur les secteurs les plus importants du développement économique et social : emploi, investissement, bien-être des ménages, commerce intra-africain, recettes publiques, etc. Le Sénégal n’est pas épargné par ces pertes, car selon les analyses du ministère de l’économie et des finances, notre pays verrait ses recettes budgétaires se réduire, son commerce avec les pays de l’Afrique de l’Ouest reculer, son PIB stagner et ses ménages dans le désarroi du fait des pertes d’emplois.

Les défenseurs de l’APE estiment que ces effets négatifs reconnus pourraient être atténués grâce à la compensation des pertes et l’aide financière européenne. Mais nous refusons d’admettre cette politique de la main tendue. Notre avenir ne dépendra pas de l’assistance mais de la possibilité qu’auront nos peuples de créer par eux mêmes de la richesse et de vivre ensemble sur leur terre dans la paix et la dignité. Nous nous levons pour appeler notre gouvernement à plus de responsabilité. Il doit éviter que la situation économique et sociale déjà difficile et précaire ne s’accentue. Nous appelons le Président Macky Sall à prendre conscience du fait qu’il ne porte pas une position personnelle. Il doit défendre les intérêts à long terme du Sénégal et de l’Afrique. L’époque où un gouvernement pouvait prendre des engagements internationaux improductifs pour son peuple ou signer des accords léonins sans rendre compte est révolu. Le Président Macky Sall est bien placé pour comprendre l’étendue de notre détermination à défendre les intérêts du Sénégal. Notre pays appartient à la catégorie des pays les moins avancés (PMA) qui constituent 11 des 15 Etats de la CEDEAO. Toutes les analyses montrent que ces PMA perdent plus qu’ils ne gagnent dans un Accord de libre-échange avec l’Europe alors qu’ils n’ont pas d’obligation juridique pour le faire. Le Nigeria, puissance régionale, qui peut à lui seule tirer toute l’économie de l’Afrique de l’Ouest, a affirmé, à haute et intelligible voix, qu’il ne veut pas non plus de l’APE. Au lieu de le soutenir dans son effort de résistance à la pression européenne, d’autres Etats l’ont affaiblit et l’ont poussé à la capitulation. Pour qui et au nom de qui signent-ils cet accord ? L’Europe a bien compris la force et le potentiel de l’Afrique de l’Ouest dans le contexte international actuel. Elle cherche à préserver les parts résiduelles restantes de son commerce avec l’Afrique de l’Ouest, qui est tombé de près de 75% il y a quarante ans, à moins de 30% actuellement. Mais l’Europe doit aussi comprendre que l’Afrique de considérablement changé et

La jeunesse Sénégalaise et africaine ne rejette pas le partenariat économique avec l’Europe. Mais nous affirmons avec force que ce partenariat ne doit pas être imposé par la pression et les menaces. Il doit prendre en compte les déséquilibres structurels historiques de pouvoir économique et politique et des ambitions légitimes de chaque peuple. Pour être mutuellement avantageux, il doit être fondé sur des principes de respect, de solidarité et de confiance. En imposant les APE comme seul choix à des petits qui ne sont pas prêts à le faire et en utilisant la tactique du "diviser pour mieux régner", l’Europe pose des actes qui contredisent son discours. Nos dirigeants sont aussi coupables de n’avoir pas su se préparer en mettant en place des politiques régionales et nationales les plus efficaces pour sortir leurs peuples de la pauvreté. Leur manque de vision et de solidarité est l’une des principales raison de la signature d’un accord dont personne ne veut ; juste pour sauver l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. C’est pourquoi nous sommes déterminer à agir contre les APE aussi bien au Sénégal que dans les autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Dans cette perspective, nous invitons le Président Macky Sall et le gouvernement du Sénégal à se retirer de la signature de l’APE ; nous appelons l’Assemblée nationale à déclarer publiquement, dès maintenant, qu’elle refusera de le ratifier lorsque l’accord lui sera transmis ; nous invitons l’ensemble des citoyens du Sénégal, les organisations paysannes, les mouvements de jeunes et de femmes, les étudiants, le secteur privé, les experts, les universitaires, etc. à se joindre à la coalition pour barrer la route à ces accords et garantir notre droit au développement ; nous invitons l’Union européenne à renoncer à imposer aux Pays les moins avancés des accords qui accentueront la pauvreté et qui, par leurs impacts, jetteront encore des milliers de jeunes dans les mers à la recherche d’une meilleure vie en Europe ; nous appelons les autorités de la CEDEAO à travailler plus efficacement pour renforcer l’intégration régionale et la libre circulation des marchandises et des personnes en Afrique de l’Ouest. Cela Passe par la mise en place d’une politique commerciale qui doit être le préalable à l’APE. Or cette politique n’existe pas encore. Nous appelons en outre la CEDEAO à rechercher des alternatives pour compenser les pays qui pourraient subir des pertes si nous renoncer à l’APE. Nous savons déjà que les pertes de la Cote d’Ivoire et du Ghana s’il n’ y a pas un APE ne sont rien face aux pertes de recettes cumulées de l’ensemble des pays, auxquels s’ajoutent les pertes induits par le recul du commerce intra-régional en cas de signature et de mise en œuvre de l’APE. La Coalition nationale contre les Accords de Partenariat Économique (APE) .

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