Le Nigeria clarifie les raisons pour lesquelles il ne souscrivait pas l’APE UE-CEDEAO

vendredi 2 mai 2014

Source : Enda cacid

Thème : Accords de Partenariat Économique

Mots-clés : APE, Nigéria, Union Européenne, CEDEAO

Le 29 mars, le Nigeria a fait part de ses préoccupations, lors du Sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en clarifiant les raisons pour lesquelles le pays n’avait pas souscrit à l’APE UE-CEDEAO.

“Le Nigeria a formulé 10 objections à ce qui nous avait été présenté alors que le Sommet des Chefs d’Etat l’a ratifié,” a déclaré le Ministre Nigérian de l’industrie, du commerce et de l’investissement, Olusegun Aganga.

Bien que les dirigeants oust-africains aient approuvé, “en principe” l’Accord de partenariat économique (APE), le Nigeria figure au nombre de pays qui ont des préoccupations persistantes concernant les impacts économiques négatifs potentiels de l’accord commercial sur leurs industries.

Aganga a expliqué que certaines dispositions de l’accord n’étaient pas dans le meilleur intérêt de l’économie de la nation.

Aux fins de l’APE proposé, les Etats d’Afrique de l’Ouest libéraliseront de manière progressive 75 pourcent de leur commerce au cours d’une période de transition de 20 ans.

« Le Nigeria est le plus grand pays de la CEDEAO et nous produisons déjà certaines des marchandises qu’ils veulent que nous libéralisions, » a déclaré Olusegun Aganga la semaine dernière, dans des commentaires publiés par Premium Times Nigeria.

« Ceci veut dire que pas maintenant, mais à partir de 2025-2026, en fonction des articles inclus et exclus, il y a aura une perte significative de recettes pour le gouvernement, une perte d’emplois et d’investissements, » a-t-il ajouté.

Le ministre a expliqué qu’au vu de la situation actuelle du Nigeria en tant qu’économie tributaire des importations, il serait contreproductif pour le pays d’ouvrir totalement ses portes aux importations sans avoir en premier lieu développé son secteur industriel pour se mesurer à la concurrence mondiale.

Plan de développement industriel du Nigeria

En début d’année, le Nigeria a lancé deux programmes, à savoir le Plan de révolution industrielle du Nigeria (National Industrial Revolution Plan - NIRP) et le Programme de développement des entreprises nationales, afin de transformer le paysage industriel de la nation et de stimuler le développement. Pour Aganga, la ratification de l’APE UE-CEDEAO serait en contradiction avec ces programmes.

Lors du lancement de ces programmes en février de cette année, le Président Goodluck Jonathan a déclaré que « le NIRP est le programme d’industrialisation phare jamais entrepris par ce pays » en le présentant comme étant en mesure « d’accélérer l’industrialisation, la croissance économique inclusive, la création d’emplois, de transformer l’environnement des affaires au Nigeria et de freiner les ponctions sur les réserves en devises étrangères [du pays] causées par l’importation de produits qui peuvent être fabriqués localement. »

A la fin du Sommet de la CEDEAO, les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest ont exhorté leurs négociateurs en chef – les Président de la CEDEAO et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) – à résoudre au cours des deux prochains mois les questions techniques restantes pour permettre aux deux parties de signer l’accord.

Les deux négociateurs établiront un comité de représentants du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, et du Sénégal afin de revoir ces questions et de faire des propositions aux dirigeants pour examen.

Nouvelle position du Nigeria comme première économie de l’Afrique

Alors qu’il reste à résoudre les questions en suspens soulevées par le Nigeria sur l’APE, ce pays occupe une nouvelle position en devenant, le 6 avril, la première économie africaine et à la 26ème à l’échelle globale, à la suie d’une réévaluation de l’économie du pays, qui a presque doublé son PIB.

Les observateurs se demandent si les pays de la région suivront le Nigeria en refusant, à terme, de signer l’accord ou s’ils poursuivront sans le Nigeri

Voir en ligne : Le Nigeria clarifie les raisons pour lesquelles il ne souscrivait pas l’APE UE-CEDEAO

Tejiendo Redes.
C/ Hermanos García Noblejas, 41, 8º. 28037 - MADRID.
Tlf: 91 4084112 Fax: 91 408 70 47. Email: comunicacion@fidc.gloobal.net

SPIP |