VIOLATION DES DROITS HUMAINS EN GAMBIE

Les ONG Article 19 et la RADDHO sonnent la révolte, ce vendredi à Banjul

jeudi 7 novembre 2013

Source : journal En quête

Pays : Gambie

Thème : Violations des droits de l’homme en Gambie

Mots-clés : Gambie, droits de l’homme,

La 54e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples qui se déroule présentement en Gambie marquera une rupture nette dans la vie de cette institution. En marge de la rencontre, un groupe de discussion parallèle sur la situation des droits de l’Homme et la liberté d’expression en Gambie sera instauré, sauf incident majeur, cet après-midi. Une initiative des ONG, Article 19 et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO). Un cadre de discussion critique contre les dérives du régime du président gambien Yayah Jammeh. Ce qui n’avait jamais eu lieu depuis que ce pays abrite en son sein le siège de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP).

Les défenseurs des droits humains décident désormais d’avancer à visage découvert. Le constat est presque unanime. En Gambie, la liberté d’expression et d’information est chimérique. Aussi, notent les ONG, la situation est aggravée par l’impunité et la culture du silence dans le pays. ‘’La majorité des citoyens gambiens ont démissionné et ne protestent pas ouvertement, pour exiger le respect des droits de l’Homme’’, lit-on dans les termes de référence de la rencontre de ce vendredi dont EnQuête s’est procuré copie. Il y a un silence inquiétant dans le pays d’accueil de la CADHP qui continue ‘’d’entraver la crédibilité’’ des organes régionaux des droits humains. Cette absence de soutien des citoyens ordinaires et de l’élite intellectuelle met davantage les journalistes du pays dans une situation ‘’vulnérable’’. ‘’Les journalistes sont perçus, le plus souvent, comme une menace par rapport au statu quo’’, soutiennent les ONG, avant d’en arriver à cette conclusion : ‘’Une telle situation prive l’espace public gambien d’une presse libre et dynamique. Beaucoup de gens évitent de parler de politique en public et de la façon dont le pays est gouverné’’. Comme illustration, les exemples n’ont pas manqué : ‘’Dans de nombreux cas, des citoyens soupçonnés d’être contre l’establishment ont été dénoncés et arrêtés par la NIA (National Intelligence Agency). En outre, la loi interdit aux fonctionnaires de communiquer des informations aux médias ; la loi criminalise tout commentaire désobligeant envers les agents publics.’’

Répression des chefs religieux et des avocats

En plus de cette répression des journalistes, les défenseurs des droits de l’Homme aborderont également celle des chefs religieux et des avocats qui ne sont pas épargnés. ‘’Ils ont été souvent arrêtés et emprisonnés, en violation des privilèges juridiques qui leur sont accordés’’, confient Article 19 et la RADDHO. La rencontre parallèle de ce vendredi informera sur le fait qu’au cours des dernières années, les membres chevronnés du barreau ont été illégalement arrêtés et détenus, sans procès équitable, en violation flagrante de ce privilège juridique. Tout comme le fait que des avocats ont été ciblés pour avoir défendu des personnes en conflit avec les autorités. Conséquence de tout cela : ‘’Beaucoup d’avocats refusent désormais de plaider pour les affaires ayant trait aux droits humains, par crainte de représailles, laissant les victimes avec peu de chances de voies de recours.’’

Les panélistes de ce vendredi vont tour à tour fustiger l’attitude du gouvernement gambien qui, selon eux, ‘’continue à faire peur et à recourir à l’intimidation par des arrestations et des détentions arbitraires dans le but d’étouffer l’expression et d’intimider toutes les voix dissidentes pour les forcer à la soumission’’. En Gambie, l’abus de pouvoir par les éléments du régime, en particulier les agents de sécurité, est une pratique qui inquiète au plus haut point. C’est ainsi que les panélistes reviendront sur plusieurs personnalités récemment ciblées et arrêtées, soit sans accusation formelle ou sur la base d’accusations douteuses. Ou alors, ‘’détenues au-delà de la durée légale admise par la Constitution, sans être traduites devant un tribunal, ou libérées moyennant le paiement d’une caution onéreuse et sommées de se présenter quotidiennement à la police sans aucune preuve ou indication qu’un crime a été commis’’.

Par ailleurs, sera abordé le ‘’contrôle’’ de la magistrature par le chef de l’État. Les mandats des juges ne sont pas sécurisés et ils sont nommés et démis à volonté. ‘’La plupart des dossiers critiques ayant trait aux droits humains sont assignés aux juges contractuels inexpérimentés et étrangers qui répondent directement au chef de l’État dont l’hostilité aux journalistes et critiques n’est pas un secret’’, lit-on dans les Termes de référence de la rencontre d’aujourd’hui. Les organisations régionales et internationales, y compris le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression en Afrique, ARTICLE 19 , la RADDHO et beaucoup d’autres ont exprimé leurs préoccupations face à cette situation. Depuis 2008, le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) a fait plusieurs demandes pour visiter la Gambie, en vue d’évaluer directement la situation, mais sa demande n’a pas été approuvée par les autorités, en dépit des promesses du ministre de la Justice. Les panélistes seront des experts des droits humains et de la libre expression de toute l’Afrique. Entre autres résultats attendus, galvaniser des actions collectives des ONG de droits humains qui participent au forum, ainsi que d’autres organisations à travers le continent, en vue de résoudre l’impasse des droits humains en Gambie.

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