Les terres agricoles africaines doivent rester aux africains

jeudi 19 juin 2014

Source : Pana

Thème : Accaparement des terres

Mots-clés : accaparement, terres, Moncef, Tunisie,

Le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki a plaidé, jeudi, à davantage d’attention à accorder aux terres agricoles de l’Afrique qui doivent rester la propriété des Africains, faisant ainsi allusion à la tendance de plus en plus importante de l’achat des terres cultivables dans le continent par les milieux capitalistes internationaux.

Intervenant à l’ouverture du ’Forum Tunisie’, le président Marzouki a insisté sur la nécessité de faire face aux convoitises qui visent à disposer des terres agricoles africaines alors qu’il faut permettre à l’Afrique de préserver sa sécurité alimentaire.

Les travaux du colloque sur le thème ’la Tunisie et l’Afrique au sud du Sahara pour une intégration durable’ s’est ouvert, ce jeudi à Tunis, en présence de 1.000 hommes d’affaires dont 300 Africains et des personnalités politiques tunisiennes et africaines, rappelle-t-on.

Marzouki dévoile la politique de la Tunisie envers l’Afrique subsaharienne

Vers une conquête morale et non avide de l’Afrique "La Tunisie a une grande chance d’appartenir à trois espaces : l’espace euro-méditerranéen, l’espace arabo-islamique et l’espace africain", a déclaré ce jeudi le président Moncef Marzouki, à l’ouverture de Tunis Forum, organisé les 5 et 6 juin, au Palais des congrès par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), autour du thème, "la Tunisie et l’Afrique subsaharienne, pour une stratégie d’intégration durable".

Il a néanmoins déploré que la Tunisie n’ait pas exploité toutes les potentialités existantes dans l’espace africain, dans la mesure où elle a limité ses efforts à l’espace euro-méditerranéen et à celui arabo-musulmans. "Cet espace constitue pourtant, pour nous, une occasion pour le développement et pour l’enrichissement matériel, moral et culturel".

La Tunisie s’est réveillée tardivement, mais est en train de se rattraper en grande vitesse depuis la révolution, dans la mesure où elle participe à toutes les rencontres et tous les sommets africains, et joue un rôle grandissant dans l’élaboration des politiques au sein de l’Union africaine, a-t-il indiqué, soulignant la détermination de notre pays à s’ouvrir davantage sur l’espace africain. Une Ouverture qui se fera notamment par la facilitation des visas. "Nous sommes en train de discuter la question de suppression de visas pour le plus grand nombre de pays, avec lesquels nous pouvons coopérer, sans toucher bien évidemment à notre sécurité nationale", a-t-il fait savoir.

Il a souligné la volonté de la Tunisie d’ouvrir le plus grand nombre possible d’ambassades, étant donné qu’il en existe un nombre extrêmement faible, de lancer des liaisons aériennes, et d’encourager tous les investisseurs tunisiens implantés au Sud du Sahara.

Le chef de l’Etat a annoncé qu’il se rendra dans deux semaines dans quatre pays de l’Afrique subsaharienne, avec une importante délégation d’hommes d’affaires "pour réaffirmer l’intérêt qu’on accorde à un espace que l’on a jusque-là ignoré, et où on va jouer notre rôle jour après jour". "La Tunisie est ouverte aux jeunes africains, ses universités sont ouvertes, ses hôpitaux sont ouverts et ses entreprises le sont tout autant", a-t-il indiqué.

"Nous ne voulons pas entrer dans cet espace avec l’esprit de commerçants avides qui arrivent pour prendre leur part du butin", a-t-il fait constater, plaidant pour "des relations de partenariat basées sur le respect, sur l’intérêt commun, et sur des enseignements tirés du passé, selon lesquels toute tentative d’extorsion ou d’investissement sans contrepartie, est non seulement immorale, mais inefficiente. Nous voulons que notre relation avec l’Afrique soit morale et efficiente".

Marzouki s’est réjoui que la Tunisie partage avec les pays sub-sahariens les valeurs de démocratie, de droits de l’Homme, et de Justice transitionnelle. "Nous sommes heureux de voir que notre continent qui était sinistré pendant des décennies, par les dictatures, donne, aujourd’hui, de vrais modèles de démocratie".

Il a pressé l’Afrique d’être maîtresse de son destin, et de sa décision et de composer avec les forces qui cherchent à investir en son sein, à partir d’une position d’indépendance, et de force. "Nous ne voulons pas encore une fois restituer l’ancien modèle colonial", a-t-il dit, appelant à ce que les terres agricoles soient une propriété des Africains, et qu’elles ne soient pas laissées, pour quelque raison que ce soit, aux grands groupes, et à quiconque. "La vraie indépendance est celle qui passe par la possession des terres", a-t-il fait valoir, exhortant à faire face à toutes les convoitises envers les terres agricoles africaines.

La sécurité alimentaire africaine est partie intégrante de la sécurité alimentaire mondiale. "L’Afrique doit préserver sa sécurité alimentaire, ses terres agricoles, doit ouvrir ses marchés dans un rapport d’égal à égal, un rapport gagnant/ gagnant, et doit refuser toute possibilité du retour de l’ancienne colonisation", a-t-il préconisé.

Marzouki a plaidé pour une libre coopération avec l’Afrique, au sien d’un dispositif de valeurs de démocratie et de droits de l’Homme. "Une coopération avec tous les pays du monde, avec toutes les forces du monde dans le cadre du respect de l’indépendance de l’Afrique, notamment l’indépendance de sa décision et de ses terres, c’est cela les grandes orientations de la diplomatie tunisienne", a-t-il affirmé.

Tunis forum qui en est cette année à sa deuxième édition rassemble des officiels tunisiens, des décideurs africains de premier plan, des acteurs privés et experts et devrait plancher sur plusieurs thèmes, notamment, "diplomatie économique et mobilité de personnes", "protection des investisseurs, conventions bilatérales et accompagnent financier", "logistique et facilitation du commerce", "secteurs porteurs" et "développement durable et intégration". - See more at : http://www.farmlandgrab.org/post/vi...

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