Neuvième Conférence des OING et OSC de la Francophonie

Dakar, Sénégal du 4 au 6 juin 2014

mercredi 18 juin 2014

Thème : Francophonie et société civile

Mots-clés : francophonie, ONG, société civile

La Conférence des Organisations internationales non gouvernementales (OING) et des Organisations de la société civile (OSC) de la francophonie, s’est tenue à Dakar du 4 au 6 juin 2014. Elle a été ouverte par le Secrétaire Général de l’OIF, Monsieur Abdou Diouf et par le Président de la République du Sénégal, Monsieur Macky Sall. La Conférence des OING qui a réuni 67 OING et OSC, a été élargie cette année à d’autres membres de la société civile dont le Réseau francophone pour l’égalité femme-homme (RF-EFH).

Les discours préliminaires ont été prononcés par :
- Mlle Mbathio Ndiaye du COSAPERE qui a lancé un appel aux décideurs pour appuyer les jeunes dans l’accès à l’emploi, aux opportunités, et à des programmes novateurs pour répondre au chômage.
- Monsieur Roger Ferrari, Président de la Conférence des OING qui a salué la présence des réseaux dont le RF-EFH pour la création d’une nouvelle dynamique de la Société Civile plus participative, pour influencer le nouveau cadre de développement post 2015 et pour une plus grande proximité avec les populations. Il a axé son intervention sur deux questions majeures : pas de paix sans développement et pas de développement sans paix ! Il a souligné le fait que les femmes soient écartés de la vie politique, alors que les droits politiques, sociaux et culturels sont essentiels au développement et préparent à la paix, en citant Ban Ki Moon « le monde est surarmé, le développement est sous financé ». Pour construire l’avenir, il faut des emplois pour les jeunes et les femmes, le plein emploi pour la production, la croissance économique inclusive, etc. Il faudra de son point de vue, adopter des mesures nationales de protection sociale pour les groupes vulnérables, garantir un accès universel à l’éducation notamment à la petite enfance, définir des propositions pour une société plus solidaire et plus égalitaire.

Par la suite, le Secrétaire Général de l’OIF Monsieur Abdou DIOUF a pris la parole. S’adressant au Président Macky Sall, il lui dit porter le flambeau testamentaire de Léopold S. Senghor avec une volonté de capitalisation sur le passé et d’ouverture pour les peuples. Il a ensuite indiqué que la neuvième conférence peut faire preuve de prospection pour de nouvelles réformes de collaboration. De son point de vue, les premières réactions sont venues de la Société Civile, un groupe qui a augmenté en nombre et en capacité d’influence. La Société Civile doit toujours être en avant post dans tout processus. L’élargissement et la diversification apportent aussi de nouvelles contraintes, en même tempe que de nouveaux réseaux et associations professionnelles se créent. De son point de vue, la référence à la Société Civile n’est pas incantatoire, mais il faut réfléchir à une nouvelle dynamique de partenariat sur la base de la complémentarité et la mutualisation. Il y’a une complexité des problèmes contemporains d’où la nécessité de compétences et d’expertises nouvelles.

Prononçant l’allocation d’ouverture, le Président Macky Sall a mis l’accent sur les relations entre Etat et Société Civile qui ne doivent pas répondre à une dialectique mais à une préoccupation commune, en sachant trouver les pôles de convergence et de complémentarité, par l’ambition et la créativité. Ces relations confortent le citoyen dans le contexte des exigences actuelles dont il faut tenir compte. Il faudra agir ensemble pour investir dans l’éducation et la formation contre les inégalités et l’accès du plus grand nombre aux services sociaux de base. Il a fait référence à des projets dédiés aux femmes et aux jeunes sur le plan de l’entreprenariat. Les femmes et les jeunes font partie des forces motrices et ne sont pas des consommateurs passifs. Ils aspirent à une formation et à de meilleures conditions de vie, participer au présent pour construire le futur.

A l’issue de la session d’ouverture, Mme Penda Mbow, représentante personnelle du Chef de l’Etat auprès de l’OIF devait présenter la thématique du sommet dans un discours introductif. Elle a mis l’accent sur l’implication des femmes dans le renouvellement de la démocratie. Elles s’imposent de par leur nombre (70%) et sont en même temps des forces motrices qui sont au cœur des préoccupations. Elle a rappelé la place des femmes et des jeunes dans le discours de l’OIF et cité les point clés à retenir :
- la sécurité alimentaire et l’environnement avec l’épineuse question du partage et de la gestion des ressources ;
- la situation de conflit dans les pays africains ou encore la montée de l’extrême droite en Europe qui sont des bouleversements actuels ;
- la question des addictions des jeunes ;
- les maladies qui affectent les femmes ;
- les mutations et bouleversements qui affectent actuellement le monde et que les conservateurs n’acceptent pas ;
- la place des femmes et des jeunes dans le développement durable confrontés à des violences multidimensionnelles. Elle s’est interrogé sur la solidarité en francophonie faisant référence à : 1. La francophonie des pairs fondateurs : le culturel ! 2. La francophonie de la solidarité économique et du développement aujourd’hui.

Elle a salué l’ingéniosité des femmes et la capacité de mutation des jeunes en parlant de leur sursaut dans la sphère politique (ex : au Sénégal ou en 1988, l’âge de vote à été rapporté de 21 a 18 ans). Il faudra trouver l’équilibre à travers les femmes et les jeunes, dans l’accès au processus de décision et à l’emploi. Tenir compte du leadership des femmes dans les syndicats et les autres regroupements.

Après ce message introductif, une table ronde a suivi, portant sur le thème Femmes et jeunes en Francophonie : vecteurs de paix, acteurs de développement. Les intervenantes étaient Mme Besma Soudani, présidente de la Ligue des électrices de Tunisie et Mme Rabiatou Sérah Diallo, Présidente d’honneur de la Confédération Nationale des travailleurs de Guinée. Elles ont parlé de l’implication active des femmes dans la mobilisation politique et dans les changements apportés dans le cours des processus révolutionnaires ; la mise en place de comités de veille, etc. Que doivent attendre les femmes pour l’atteinte du développement durable : une synergie, échange d’expériences, le renforcement des capacités de la Société Civile.

Après cette première matinée, les échanges devaient porter sur les futures relations institutionnelles entre l’OIF et la société civile avec une vision sur le prochain Sommet de la Francophonie.

Dans l’après-midi, ont démarré les ateliers simultanés :

1. Ateliers simultanés sur le thème de la paix

1.1. Favoriser la participation des femmes et des jeunes à la vie politique et aux instances de décision

- Problème de mise en œuvre de lois et règlements sur l’égalité des genres et la prise en compte des jeunes.
- Absence d’observatoires nationaux du genre et de l’inclusion des jeunes.
- Formation inadéquate des jeunes et des femmes pour s’intégrer au système de décision et d’exercice de leur leadership.

Solutions proposées :

- Appliquer les lois et règlements relatifs à la prise en compte des jeunes et à l’égalité des genres.
- Impliquer les jeunes et femmes, de l’élaboration à la mise en œuvre des lois et conventions relatives à l’égalité des genres et la prise en compte des jeunes.
- Mettre en place des observatoires nationaux sur le genre et l’implication des jeunes en prenant en compte les différences des besoins des jeunes femmes et des jeunes gens
- Inclure dans les curricula les techniques de prise de décision et de développement de leadership par et pour la société civile.

1.2. Le rôle de la société civile en matière d’accès à la justice et de protection de l’intégrité physique des victimes dans les pays en situation de crise et post conflit

- Persistance de la torture, de l’impunité et d’autres formes de violence.

Solutions proposées :

- Ratification du protocole facultatif à la convention sur la torture de Genève de 1984.
- Renforcement des capacités de la société civile à assister les victimes et à prévenir contre la torture, l’impunité et les violences.
- Favoriser la société civile pour la mise en place de stratégies communes de lutte contre la torture, l’impunité et les violences.

1.3. Renforcer l’implication des femmes et des jeunes dans la dimension sociale de la prévention et la gestion des conflits

- Problème de définition du rôle de la société civile dans l’implication des femmes et des jeunes dans l’éducation à la culture de la paix et la gestion des conflits.
- Méconnaissance des droits et des textes nationaux/internationaux par les femmes et les jeunes.
- Insuffisance de formation des jeunes et femmes à la culture de négociation pour parer à la violence.

Solutions proposées :

- La société civile doit être à l’initiative des cadres de dialogue qui associent les femmes et les jeunes.
- La nécessité pour la société civile de bâtir un espace de capitalisation, de mutualisation et de vulgarisation des bonnes pratiques.
- Mettre en place un dispositif de suivi des actions et recommandations de la société civile et des Etats.

1.4. Éduquer à la paix dans les sociétés francophones

- Vide institutionnel : pas suffisamment de politiques dédiées à l’éducation à la paix ;
- Non prise en compte de l’éducation à la paix dans le curricula formel et non formel ;
- Insuffisance de personnels qualifiés pour l’éducation à la paix.

Solutions proposées :

- Traduction de la mise en œuvre des plans d’actions relatifs à l’éducation à la paix discutées dans les organismes internationaux.
- Exemplarité de la gouvernance des Etats et des acteurs de la société civile pour crédibiliser les politiques et actions promues.
- Elaboration par les Etats de politiques qui intègrent paix et développement ;
- Développement d’une méthodologie et d’une pédagogie appliquée à la paix.
- Partager les bonnes pratiques : promotion du dialogue inclusif par la transmission intergénérationnelle d’une éducation par les pairs et d’une éducation par la famille, notamment par les femmes.
- Plus globalement, la société civile doit préserver et développer sa fonction de veille, pression, alerte et plaidoyer pour la mise en œuvre des instruments adoptés et ratifiés pour la culture de la paix.

2. Ateliers simultanés sur le thème du développement

2.1. : Rôle des OING et OSC en faveur de l’accès des jeunes et des femmes à l’éducation à la formation professionnelle.

- Inadéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché.
- Non prise en compte des propositions et recommandations formulées par les oing et osc en matière d’éducation et de formation.
- Non valorisation des compétences au niveau du secteur informel et de l’éducation de base des jeunes et des adultes.

Solutions proposées :

- Adapter les formations aux besoins du marché et octroyer un statut d’organisme d’utilité public aux syndicats d’enseignants et aux associations de parents d’élèves et d’étudiants.
- Impliquer les OING et OSC dans les processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques d’éducation.
- Adopter une approche holistique de l’éducation en regroupant au sein d’un même département toutes les structures en charge de l’éducation formelle et non formelle.

2.2. : Participation des femmes et des jeunes à la croissance économique dans une perspective de développement durable.

- Faible articulation des contenus et approches d’éducation et de formation avec les exigences du développement durable.
- Faible prise en charge de la situation des femmes et des jeunes et de leur apport dans des politiques publiques peu inclusives.
- Appel limité aux ressources et déficit d’appui spécifique aux jeunes et aux femmes au regard des inégalités dont ils sont les principales victimes.

Solutions proposées :

- Adapter les curricula d’apprentissage pour les compétences de vie et l’entreprenariat vert, avec une dotation de ressources et un lien fonctionnel entre structures de formation et monde du travail.
- Mettre en œuvre des projets de développement ambitieux qui valorisent et fixent les jeunes dans leurs pays adoptant une discrimination positive sur l’axe économie verte et TIC.
- Mise en œuvre et financement des politiques nationales de genre.

2.3. : Gouvernance, normalisation et responsabilité sociale des entreprises : quel rôle pour les OING et OSC ?

- Méconnaissance des enjeux de la normalisation.
- Faible promotion de la RSE.
- Absence de la société civile dans le dialogue Etat – secteur privé.

Solutions proposées :

- Assurer des missions de surveillance des marchés et prendre part aux activités de normalisation et mener des actions de plaidoyer pour la RSE.
- Contribuer à définir un cadre d’arbitrage sur les questions de droits de l’homme.
- Protéger et informer les populations de leurs droits.

Plénières

A l’issu atelier, les participants se sont retrouvés en plénière pour les restitutions et les questions réponses. Il a été demandé aux OSC et OING présentes de répondre à des questions portant sur le partenariat avec la francophonie, les formes d’organisation attendues, les prochaines étapes, des recommandations spécifiques aux états et à la francophonie, etc. ces plénières ont été clôturés par les grands témoins.

Le cadre stratégique à moyen terme de la francophonie a été présenté et discuté, suivi d’échanges sur les orientations futures de la conférence et des relations entre la société civile et l’OIF.

Au troisième jour de la conférence, la déclaration finale a été présentée et validée par la conférence. A l’issu des travaux, il a été procédé à la clôture par le Ministre des Affaires étrangères du Sénégal M. Mankeur Ndiaye entouré du Président de la Conférences des OING/OSC et de l’administrateur de l’OIF.

Dans l’après-midi s’est tenue l’assemblée générale du RF-EFH et la signature de la charte par M. Clément Duhaime, administrateur de l’OIF et Mme Ndioro Ndiaye Coordinatrice du Réseau.

Tejiendo Redes.
C/ Hermanos García Noblejas, 41, 8º. 28037 - MADRID.
Tlf: 91 4084112 Fax: 91 408 70 47. Email: comunicacion@fidc.gloobal.net

SPIP |