Syrie : Obama sur les pas de George Bush

mardi 8 octobre 2013

Auteur : Demba Moussa Dembélé

Source : Pambazuka News

Thème : Obama et la crise syrienne

Mots-clés : syrie, Obama, crise, Etats-unis.

Malgré les prières de millions de catholiques à travers le monde à l’appel du pape François, malgré l’opposition de l’opinion mondiale, malgré les principes de la Charte des Nations-Unies et malgré l’accord entre les Etats-Unis et la Russie sur les armes chimiques en Syrie, Barack Obama n’a pas renoncé à attaquer ce pays s’il reçoit l’aval du Congrès. C’est un scénario préparé de longue date et qui n’attendait qu’un prétexte pour être exécuté. Et le prétexte sera basé sur des mensonges, des « preuves » fabriquées de toutes pièces et auxquelles peu de monde croit. Mais avant de revenir sur les vraies raisons de cette agression impérialiste qui se prépare, il est utile de faire quelques rappels

DES PRECEDENTS ACCABLANTS POUR LES ETATS-UNIS ET LEURS ALLIES

Au moment où Obama, Hollande et toute la racaille de dirigeants occidentaux font croire à l’opinion qu’ils sont révulsés par les attaques chimiques en Syrie, il est bon de leur « rafraichir la mémoire ». Le quotidien britannique Guardian a révélé récemment que Winston Churchill et le gouvernement britannique avaient employé des armes chimiques en 1919 contre les révolutionnaires bolchéviques en Russie pour faire échouer la Révolution d’Octobre sous Lénine.

Mais plus près de nous, les Etats-Unis et les pays occidentaux avaient bien fermé les yeux quand Saddam Hussein – leur allié à l’époque - avait utilisé des armes chimiques contre les populations kurdes d’Irak et contre l’Iran lors de la guerre entre les deux pays encouragée par les pays occidentaux dans le but de faire tomber le régime iranien. Que dire alors des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Irak depuis l’invasion barbare de 2003 ?

Par ailleurs, les Etats-Unis ne pourront jamais faire oublier au monde et au peuple vietnamien les millions de tonnes de bombes de napalm et d’agent Orange qui, à ce jour, continuent de faire des ravages au Vietnam. Ils ne pourront jamais non plus faire oublier au monde et au peuple japonais en particulier qu’ils sont le seul pays, à ce jour, à avoir utilisé l’arme nucléaire contre un autre pays. Cuba n’oubliera pas non plus que des armes biologiques ont été utilisées contre son peuple par les Etats-Unis dans le seul et unique but de combattre la Révolution castriste après le fiasco de l’invasion de la Baie des Cochons. Sans parler de l’utilisation d’armes au phosphore blanc et à l’uranium appauvri par l’Etat sioniste contre les Palestiniens à Gaza, avec le soutien inconditionnel des Etats-Unis.

Ces rappels montrent que « l’indignation » des Etats-Unis et de leurs sous-fifres, comme la France, n’est que pure hypocrisie. En réalité, cette « indignation » n’est qu’un prétexte fabriqué de toutes pièces pour attaquer la Syrie. Comme George W. Bush dans le cas de l’Irak en 2003, Barck Obama a inventé ses « preuves » pour mener « sa guerre » au Moyen Orient.

SOUTIEN AUX TERRORISTES ET A L’ETAT SIONISTE

En fait, les vraies raisons de cette agression impérialiste que préparent Obama et Hollande sont à chercher ailleurs. Elle vise avant tout à inverser le rapport des forces qui a évolué en faveur du régime syrien contre une coalition hétéroclite composée de plusieurs groupes terroristes, de fondamentalistes soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar et d’agents recrutés et payés par la Cia et d’autres services de renseignements occidentaux. Donc, objectivement, quoiqu’ils puissent dire, Obama et Hollande vont aider des djihadistes et des groupes terroristes notoires liés à Al-Qaïda, coupables des pires atrocités.

La deuxième explication de cette guerre est l’isolement de l’Iran qui constitue le principal allié de Damas dans la région et est considéré comme l’ennemi juré de l’Etat terroriste d’Israël. D’ailleurs John Kerry a clairement indiqué que l’attaque contre la Syrie serait un message pour l’Iran et le Hezbollah, son allié au Liban. Ainsi en agressant la Syrie, Obama et Hollande exauceront-ils les vœux de l’Etat sioniste mais également ceux du régime moyenâgeux d’Arabie Saoudite. Israël verrait la « menace iranienne » affaiblie tandis que le royaume saoudien aurait les coudées plus franches pour renforcer son influence dans le monde arabo-musulman.

LES CONSEQUENCES

L’agression que préparent Obama et Hollande va semer la terreur et entraîner encore plus de morts en Syrie. Elle risque d’étendre le conflit à d’autres pays de la région, ce qui va engendrer une instabilité généralisée et une spirale incontrôlable. Cela entre justement dans la « stratégie du chaos » des Etats-Unis, qu’ils croient pouvoir utiliser pour conjurer le déclin irréversible de leur hégémonie. Mais l’agression que prépare Obama va exposer un peu plus la nature agressive et terroriste de l’impérialisme yankee. Derrière le vernis de « démocratie », se cache un système totalitaire et despotique qui n’hésite pas à faire couler le sang de milliers de personnes pour les intérêts d’une minorité de plus en plus réduite et d’un système capitaliste qui a perdu toute légitimité.

Cette agression préparée de longue date aidera sans doute aussi à faire perdre leurs dernières illusions à ceux qui croyaient encore au « changement » que Barack Obama semblait incarner lors de sa campagne de 2008. En réalité, sur bien des aspects, il est semblable à George Bush, le bourreau de Bagdad et l’un des plus grands criminels de tous les temps. Il a amplifié la terreur que ce dernier avait déclenchée avec les massacres quotidiens commis par les drones au Pakistan, en Afghanistan et ailleurs, le soutien à la subversion terroriste en Amérique latine et le scandale des écoutes révélé par Edward Snowden.

Si Obama reste sourd aux appels de l’opinion mondiale et déclenche son agression contre la Syrie, il offrirait l’occasion au Comité Nobel de le « punir » en lui retirant le Prix Nobel de la paix qu’il lui avait décerné au grand dam de l’opinion mondiale et surtout de celle des Etats-Unis. S’il reste encore un peu de crédibilité au Comité Nobel, il pourra difficilement justifier d’avoir couronné un vrai dictateur, qui n’a aucun respect pour sa propre opinion publique, pour l’opinion mondiale et pour la Charte des Nations-Unies.

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