Colombie : L’importance du Congrès pour la Paix

lundi 22 avril 2013

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Auteur : Fernando Dorado.

Publication : Amérique latine en Mouvement.

Canal : Agence Latino-américaine d’information (ALAI).

Type de document : Article.

Langue : espagnol.

Thème : Paix et conflits.

Mots-clés : Autodétermination, Capitalisme, Conflits armés, Démocratie, Droits de l’homme, État, Gouvernement, Justice sociale, Mouvements sociaux, Paix, Société.

Pays et Régions : Colombie.

Description : Article d’analyse et d’opinion de Fernando Dorado.

Sommaire :

- Introduction.

- Possibles apports sur la paix.

- Le Congrès pour la Paix et les défis du moment.

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En ces moments se tient à la ville de Bogotá le Congrès pour la Paix du 19 au 22 avril 2013. Il a été organisé par d’éminents mouvements et organisations sociales ayant participé aux différentes réunions nationales et régionales poussés par le Congrès des Peuples. Il y participe d’autres processus, de mouvements et d’organisations politiques et populaires présents tout le long du pays.

L’importance de cette réunion, tenue après la Marche massive du 9 avril, au-delà du nombre de délégués et de participants, réside dans la qualité des conclusions et des appels qui en découlent. En effet, les forces démocratiques progressistes et révolutionnaires de notre pays ont besoin de ces apports substantiels pour savoir saisir le moment et rassembler les positions politiques.

Éventuels apports à la paix.

D’après les réunions préparatoires qui ont précédé le Congrès pour la Paix, tenues dans différentes régions et sous-régions, nous pouvons envisager quelques questions qui pourraient être abordées et adoptées lors du transcendantal Congrès. Par exemple :

- La Paix est un droit humain fondamental qui doit être conquis par les travailleurs et les peuples. Il ne s’agit pas d’un problème secondaire, c’est transcendantal.

- La Paix dépasse le silence de fusils. La solution négociée au conflit armé fait partie du processus, mais la conquête de la Paix entraîne des transformations structurales de notre société et de l’État.

- La lutte contre le modèle néolibéral et le système capitaliste en plein essor en Colombie, doit être liée et menée de conformité avec la lutte pour la Paix.

- Les intérêts des acteurs insurgés armés dans leur processus de participation de la lutte politique antimilitariste et pacifique ne doit pas se confondre avec les intérêts des larges majorités populaires. La négociation pour mettre un terme à la lutte armée ne sera qu’un pas dans la lutte pour la conquête de la Paix avec justice sociale.

- Les résultats et les transformations obtenus de la table de négociation de La Havane, sont des apports à la lutte pour la Paix. Les avancés vont correspondre aux rapports de forces atteints à un moment donné, mais ne peuvent pas se confondre avec l’ensemble des aspirations transformatrices de notre peuple.

- La résolution du conflit armé moyennant le dialogue et l’intégration des forces insurgées à la lutte politique antimilitariste contribueront substantiellement à la création de meilleures conditions pour avancer dans la lutte pour la transformation structurale du pays, l’échec du modèle néolibéral et la construction de solutions post-capitalistes.

- La lutte pour la Paix est une tâche de grande ampleur qui dépasse de loin toute campagne électorale. La conquête de la Paix n’admet pas de calculs dans l’immédiat ni d’intérêts mesquins électoraux.

Le Congrès pour la Paix et les défis du moment.

La tenue du Congrès pour la Paix après la massive Marche pour la Paix, la Démocratie et la Défense du Public est un fait d’une importance capitale. Les conclusions seront d’une immense contribution pour le mouvement démocratique progressiste et révolutionnaire de la nation colombienne.

Le Congrès pour la Paix doit faire sien l’esprit et la force de la Marche. La manifestation du 9 avril a montré la voie de l’inclusion de multiples et diverses forces sociales et politiques qui luttent pour soutenir les dialogues de La Havane en faveur de la Paix pour les Colombiens. La Marche a marqué une fracture dans l’opinion publique en faveur de la paix négociée.

Le succès du Congrès pour la Paix dépendra de la transmission claire des conclusions à la mobilisation sociale et à la lutte pour la Paix. Il existe au sein des forces démocratiques des fossés, des incompréhensions et des hésitations face aux dialogues et aux négociations du gouvernement et de l’insurrection à La Havane. Ses rapports avec la tâche suprême de conquérir la Paix pour les Colombiens, ne sont pas complètement compris, d’où que sa compréhension soit une politique de premier ordre.

Il s’agit de placer juste à sa place chaque processus associé à la recherche de la Paix. D’apprécier à sa juste mesure les progrès découlant de la table de négociations. D’insister sur le fait que le principal champ d’action se trouve dans la mobilisation populaire contre toutes les politiques prises par le gouvernement contre le peuple. Nul ne doute que les apports du Congrès pour la Paix, avanceront dans cette direction.

Parvenir à la convergence partielle et conjoncturelle entre des forces sociales et des politiques populaires importantes avec certains secteurs gouvernementaux, dans le but de faire avancer les négociations de La Havane (signature de la fin du conflit armé) ne peut pas être interprété comme un soutien aux politiques néolibérales poussées par le gouvernement. C’est simplement une coïncidence partielle et conjoncturelle.

Le Congrès pour la Paix doit prendre en considération les failles existantes à l’intérieur des forces de l’ordre oligarchique en matière de la solution au conflit armé. Comprendre que le gouvernement aspire à la démobilisation de l’insurrection avec le minimum de concessions. Mais le Congrès doit interpréter qu’il faut que la société civile exerce des pressions sur ce gouvernement, pour que les démarches garantissent que les forces de l’insurrection puissent faire de la politique par une voie pacifique et civiliste.

Il s’agit de concevoir les négociations de La Havane et la mobilisation populaire pour la Paix comme de processus convergents mais différentes. La société mobilisée devra jouir de l’autonomie, de l’indépendance et de l’auto-détermination et ne peut pas être conditionnée par les intérêts des acteurs armés ou par les parties en conflit armé.

Finalement, il faudra contribuer à créer un grand scénario de luttes démocratiques et populaires parmi lesquelles se trouvent la cause de la Paix et la fin consensuelle du conflit armé, parmi les plus importantes.

Nous somme convaincus que le Congrès pour la Paix sera d’une grande contribution à la lutte du peuple colombien, pour la Paix et la justice sociale.

Popayán, le 19 avril 2013.

Voir en ligne : L’importance du Congrès pour la Paix

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