Démocratiser la Communications pour approfondir la démocratie

samedi 18 mai 2013

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Signataires : ARPAS – ALER.

Canal et Publication : Association Latino-américaine d’Éducation Radiophonique ALER.

Type de document : Communiqués et déclarations.

Langue : Espagnol.

Thème : Communication.

Mots-clés : Communication, Défenseurs des droits de l’homme, Démocratie, Droit à l’information, Politiques d’égalité.

Pays : El Salvador.

Ces jours-ci (du 15 au17 mai) a lieu en El Salvador une réunion de représentants des grandes stations de radiodiffusion privées-commerciales du Continent, sous l’invitation de l’Association Salvadorienne de radiodiffusion (ASDER). L’événement coïncide avec la Rencontre biannuelle du Conseil de direction de l’Association Internationale de Radiodiffusion (AIR) et l’Assemblé générale de l’Union d’Associations de Radiodiffusion de l’Amérique centrale.

Dans ce contexte, des représentants de l’AIR ont exprimés dans certains médias salvadoriens des fausses affirmations sur les processus de démocratisation de la communication, menés à bien dans plusieurs pays latino-américains moyennant de nouveaux cadres juridiques et des politiques publiques dans le domaine médiatique. Les porte-paroles de l’AIR ont affirmé que la démocratisation des communications n’est qu’une stratégie pour mettre un terme aux ¨médias privés, libres ou indépendants.¨

Les propositions pour démocratiser la communication, disqualifiée par l’AIR, vient des médias de proximité, des organisations populaires, des institutions académiques, des Organismes des Nations Unies, tels que l’UNESCO et d’autres instances de la société civile qui demandent la création des modèles de communication pluriels, divers et démocratiques ; et elles ont comme base les trois principes fondamentaux : le droit humain à la communication, les medias comme instruments pour la liberté d’expression et la démocratie et le spectre radioélectrique comme un bien public que les États doivent gérer avec des critères transparents et démocratiques.

En promouvant la démocratisation de la communication, nous aspirons à la reconnaissance juridique et équitable des conditions des médias publics, privés et de proximité ; la distribution équitable des fréquences analogiques et numériques, les mécanismes transparents et participatifs au moment d’accorder des concessions aux radios et aux télévisions, et les mesures contre les monopoles afin de freiner la concentration de la propriété médiatique. Nous soutenons aussi des mesures pour la défense du grand public, le droit à la rectification et à la réponse, l’attribution transparente et équitable de la publicité publique, de l’accès universel à l’Internet et la promotion de la culture nationale.

Ces propositions figurent dans des constitutions nationales (Bolivie et Équateur), dans des Lois de la Communication (Argentine et Uruguay) ou dans des projets de loi en discussion par des Congrès législatifs (Équateur et Honduras). En El Salvador, l’ARPAS –avec des organisations sociales et des instances académiques, le soutien de l’Assemblée pour la Défense des Droits de l’Homme et en contact avec le système des médias publics- propose une loi pour démocratiser la communication. Ces cadres réglementaires répondent aux paramètres démocratiques établis par les instances, comme l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (UNESCO) et les Rapporteurs pour la Liberté d’expression de l’ONU, l’OEA, l’Union Européenne et la Commission Africaine des Droits de l’homme, qui proposent une plus vaste diversité des médias comme garant de la liberté d’expression et la pluralité des informations et des opinions.

Cette perspective démocratique diffère de la vision mercantile des groupes médiatiques représentés à l’ASDER, l’UNARCA et l’AIR. Pour ces conglomérats la communication est une affaire, les médias sont des instruments pour des fins lucratives et les fréquences radioélectriques sont des biens privés d’exploitation commerciale que l’on peut acheter, vendre ou louer. Ces oligopoles médiatiques assument le discours de la liberté d’expression pour défendre leurs intérêts commerciaux, manipuler les informations et les opinions et pour maintenir l’hégémonie néolibérale.

C’est pourquoi ils s’opposent à la démocratisation de la communication, la qualifiant de stratégie contre les ¨ médias privés, libres et indépendants¨. En Argentine par exemple, le Groupe Clarin maintien un forte offensive juridique et politique contre la Loi des Services de la Communication Audiovisuelle, en Équateur ils mènent une campagne de désinformation autour du projet de loi de la communication, en la présentant comme une loi bâillonnée ; et en El Salvador les propositions d’ARPAS, l’UCA, la FESPAD, l’ACISAM, l’ORMUSA et d’autres organisations et institutions sont rejetées.

Par conséquent : L’Association des Radios et des Programmes Participatifs d’El Salvador (ARPAS) qui est constituée par 25 stations de radio et des centres de communication communautaire, et l’Association Latino-américaine d’Éducation Radiophonique (ALLER) qui groupe plus d’une centaine de radios et des stations de communication éducatives et populaires, des coordinatrices nationales de radios communautaires et de réseaux régionaux de communication, nous rejetons énergiquement les fausses affirmations des représentants de l’Association Internationale de Radiodiffusion (AIR). ARPAS et ALER revendiquent la démocratisation de la communication et la construction de modèles des médias démocratiques comme une réforme démocratique structurale nécessaire pour approfondir la démocratie dans nos pays, dans le cadre de l’établissement du Vivre Bien des peuples latino-américains. Dans ce sens, nous invitons les médias démocratiques, les organisations populaires et chrétiennes, les institutions académiques et les gouvernements sensibles à ces réponses ; de redoubler d’effort pour démocratiser la communication et pour approfondir la démocratie.

Tejiendo Redes.
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