Transgéniques : un débat nécessaire et indispensable au Cône Sud

jeudi 16 mai 2013

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Auteur : Carlos A. Vicente, GRAIN et Action pour la Biodiversité.

Éditorial et Canal : Union Latino-américaine des Technicien ruraux et agraires ULTERA.

Type de document : Article.

Langue : Espagnol.

Thème : Environnement.

Mots clés : Transgéniques, agro-écologie, droits à la terre.

Pays et Ragions : Cône Sud.

Description : Article d’analyse et d’opinion.

¨Il s’avère indispensable urgemment de mener à bien un débat sérieux chez-nous et dans toute la région du Cône Sud, qu’à un moment donné Syngenta a dénommée ‘la République Unie du Soja’, pour couvrir les dettes qui depuis deux décennies ont été contraintes avec les populations déplacées et les territoires dévastés. Et pour cela il faudra démanteler le cercle que les corporations médiatiques ont crées. ¨

Pendant que le monde est le théâtre de débats profonds sur les organismes génétiquement modifiés, en Argentine les médias gardent un silence qui va de la complicité évidente, la croyance aveugle au détournement du regard pour ne pas irriter certains alliés. Dans les pays voisins, tels que le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay la situation est similaire.

Cependant, maintenant le débat paraît inévitable, car l’échec des transgéniques est plus que éloquent et même ceux qui ne veulent voir que ce qu’ils définissent comme les ‘effets collatéraux’ ne peuvent plus cacher ce qui est essentiel : il n’y a pas d’arguments pour soutenir l’existence et la prolifération des transgéniques qui ne soient pas la soumission aux intérêts corporatifs qui les promeuvent.

Tout d’abord, aucune promesse des années 90 n’a été respectée : les transgéniques n’ont pas réglé le problème de la faim dans le monde, ils n’ont pas réduit l’emploi des agro-chimiques ; les transgéniques de deuxième et de troisième génération, censés d’apporter des aliments de meilleure qualité, n’ont pas été développés ; et on n’a pas réussi des cultures plus productives et résistantes à la sécheresse (1).

Tandis que les promesses se renouvellent, la réalité montre le véritable visage des cultures transgéniques : la faim dans le monde augmente et même l’Organisation Internationale pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) signale qu’il ne s’agit pas d’une question de production, mais d’équité et de distribution ; l’emploi des agro-chimiques atteint des chiffres records dans les pays où l’on cultive des transgéniques et leurs impacts environnementaux et sanitaires sont impossible de cacher et les ‘failles’ de l’ingénierie génétique expérimentale commencent à être publiées dans des revues scientifiques ‘sérieuses’.

Le monde commence à réagir et les débats politiques, scientifiques, environnementaux et sociaux sont à l’ordre du jour. Olivier de Shutter, rapporteur des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation a manifesté clairement qu’au Mexique, où l’on commet un des plus grands crimes contre l’humanité en introduisant le maïs transgénique, au pays où le maïs est originaire ; il faudra décréter le moratoire, parce qu’il ‘pourrait être impossible de le contrôler’ en cas de contamination. Dans son rapport il a prévenu de la possibilité que les grandes exploitations de maïs transgénique pourraient augmenter ‘le risque d’endettement des petits agriculteurs’ avec les multinationales du secteur (2). C’est justement au Mexique où les résistances mobilisent les secteurs intellectuels, les paysans, les organisations des jeunes, des syndicats, des populations originaires et des médias dans le cadre du Tribunal Permanent des Peuples qui a tenu une audience préalable nationale intitulée ‘Contamination Transgénique du Maïs Originaire’ pour juger et condamner ces crimes (3). Un article dans le journal La Jornada s’est fait écho de l’événement : ¨Au cours de l’Audience préalable il a été démontré que le maïs transgénique n’offre aucun avantage aux paysans ni au pays et il ne peut pas combattre la faim. Au contraire, si tout le pays serait pollué par le transgénique, la production de maïs chuterait. Par sa propre nature, la trangénie diminue la production (4).

À l’Union Européenne, la résistance des consommateurs aux transgéniques font multiplier les interdictions nationales et augmentent les zones ‘libres de transgéniques’ comme résultats de ces luttes locales. Il y a des interdictions en Allemagne, Autriche, Hongrie, Luxembourg, France, Grèce, Italie, Bulgarie et Pologne (5). Jusqu’au présent on a identifié des initiatives de zones libres de transgéniques au moins dans 25 pays européens et les municipalités se sont par milliers déclarées Libres de Transgéniques (6). Aux Etats-Unis, le 26 mars dernier a été mise en vigueur une clause légale qui permet à Mosanto et à d’autres sociétés transnationales de transgéniques d’ignorer les ordres judiciaires de suspension de planter des cultures transgéniques, soit à cause d’irrégularités dans son approbation, soit par l’absence d’évaluation des impacts environnementaux ou sanitaires, soit par de nouvelles évidences scientifiques qu’indiquent des dommages sanitaires ou pour d’autres raisons (7). Cette clause a été déjà nommée ‘Acte de Protection à Mosanto’. Ce scandale a provoqué un article du New York Times sous le titre ‘Pour quoi les transgéniques ont-ils besoin de protection ? L’article signale clairement ¨ L’ingénierie génétique a déçu beaucoup de personnes qu’avaient des gros espoirs¨(8).

Bref, il faut rappeler que c’est grâce à ces débats et aux luttes menées par les organisations paysannes et autochtones pour signaler les impacts des transgéniques, que l’Équateur et la Bolivie ont interdit dans leurs Constitutions la culture des semences transgéniques. ¨Il s’avère indispensable urgemment de mener à bien un débat sérieux chez-nous et dans toute la région du Cône Sud, qu’à un moment donné Syngenta a dénommée ‘la République Unie du Soja’, pour couvrir les dettes qui depuis deux décennies ont été contraintes avec les populations déplacées et les territoires dévastés. Et pour cela il faudra démanteler le cercle que les corporations médiatiques ont crées. ¨

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