Au Maroc, les femmes Soulalyates, encouragées par le succès atteint, avancent rapidement en matière des droits de la terre

jeudi 14 février 2013

Toutes les versions de cet article : [English] [Español] [français]

Source : Awid.

Date : 12 février 2013.

Mots clés : Droits politiques et civils, Égalité et non discrimination, Défenseurs des droits de l’homme, Droits sur la terre, Défenseurs des droits humains des femmes.

Au printemps 2012, le Gouvernement du Maroc a accordé l’égalité des droits aux hommes et aux femmes pour qu’ils tirent les mêmes bénéfices des revenus et des profits de leurs terres, moyennant une nouvelle disposition émise par le Ministère de l’Intérieur.

Au Maroc dans le passé, les lois discriminatoires avaient privé pendant longtemps, les femmes rurales du groupe ethnique Soulalyates d’exercer leurs droits sur la propriété de la terre et sur les bénéfices. Les femmes avaient organisé et lancé des campagnes dans des conditions difficiles grâce à l’appui d’ONU-Femme en faveur de leurs droits à l’héritage et à la propriété. Cette nouvelle décision représente une victoire historique. La décision-2012 met l’accent sur la nécessité de compter sur des lois et des politiques nationales qui répondent à la Convention pour l’Élimination des la Discrimination contre la Femme. L’Article 2, spécialement, invite les États à "prendre des mesures adéquates, même juridiques, afin de modifier ou d’éliminer les lois, les normes, les coutumes et les pratiques existantes qui constituent des formes de discrimination contre la femme".

Le Ministère de l’Intérieur du Maroc est en train de consentir des gros efforts pour diffuser l’information sur cette décision. Il a crée un portail Web (www.terrescollectives.ma) afin d’offrir plus d’informations et des donnés aux usagers sur les terres collectives, les instruments juridiques et réglementaires qui contrôlent le processus. La réponse du peuple reflété sur la page Web est bonne. "Il s’agit d’une initiative qui apporte de réponses, ainsi que toutes les décisions de 2009, 2011 et 2012, aux engagements contraints par notre Association, et aux dispositions constitutionnelles relatives au droit à l’accès à l’information. Nous pensons que ceci favorisera l’accès aux données et aux thèmes vitaux afin que la société civile puisse suivre les thèmes", a déclaré Khadija Oueldemmou, membre de l’Association Démocratique des Femmes Marocaines.

Les terres collectives constituent la plus grande concentration des terres disponibles de la réserve de ressources naturelles au Maroc. Les tenures collectives appartiennent historiquement aux groupes ethniques et sont régies par des lois émises en 1919, selon les pratiques coutumières des groupes. Ces terres étaient employées traditionnellement en collectif, bien qu’elles aient été après partagées parmi les groupes de familles et plus récemment elles ont été octroyées aux hommes chefs de familles.

Tout dernièrement, la vente de terres collectives à des sociétés immobilières publiques et privées a provoqué une certaine gêne et c’est sans aucun doute un élément qui contribue à ce que des centaines de milliers de femmes ne soient plus sûres d’elles, puisque la compensation (soit en argent ou en parcelles de terre n’importe à quel endroit) a été jusqu’à présent un bénéfice unique des hommes, peu importe leur âge ou leur état civil.

Comme les terres entourant les femmes Soulalyates sont privatisées, cela menace leurs foyers et leurs subsistances, ONU-Femme, de concert avec l’Association Démocratique des Femmes Marocaines, soutient leur travail et leur mobilisation. La réalisation de séances de formation sur l’autonomisation économique et la direction, l’engagement communautaire et la possibilité de s’exprimer en public, ont contribué à ce que les femmes autochtones puissent mener leur campagne jusqu’au plus vaste public.

Elles ont atteint des acquis juridiques significatifs. En 2009 et 2010, après des pressions et des conférences de presse tenues par les femmes Soulalyates, le Ministère de l’Intérieur du Maroc a émis deux décisions associées au sujet. Celles-ci invitaient les autorités locales à respecter les principes d’égalité hommes-femmes en ce qui concerne les ventes, les droits à la propriété et à l’héritage ; et plus tard ils ont accepté la reconnaissance des droits des femmes à vendre et à hériter les terres communales tout le long du royaume.

La dernière décision 2012, constitue un nouveau pas de l’avant vers la conquête des droits des femmes au Maroc, grâce à celle-ci les femmes non seulement peuvent hériter mais elles peuvent aussi vendre et toucher les bénéfices des revenus de la terre. Cependant, ces acquis sont limités car les décisions sont des mandats ministériels ayant un statu juridique limité. Ces ordres émis par le Ministère de l’Intérieur sont des directrices et peuvent être facilement annulées par le Gouvernement.

Par conséquent, les femmes Soulalyates luttent actuellement pour une loi qui soit un garant institutionnel pour que les trois dispositions apparaissant dans les trois décisions ministérielles soient mises en pratique. Seulement une loi pourrait garantir la permanence. Une requête présentée par l’Association Démocratique des Femmes Marocaines, demande une loi qui affirme l’égalité hommes-femmes par rapport à la terre et à la propriété collective, ainsi qu’aux revenus et aux compensations. Khadija a dit que son Association offre de l’encadrement à un petit groupe de vingt-cinq femmes Soulalyates provenant de toutes les régions, afin d’améliorer leurs compétences pour la communication et la direction.

"Notre valeur ajoutée, notre adresse, sont fondées sur la formation que ces femmes reçoivent pour qu’elles deviennent de leaders et de porte-parole de ce mouvement, pour qu’elles s’engagent davantage dans la défense de leurs demandes", a-t-elle conclu.

Voir en ligne : http://www.awid.org/Library/In-Moro...

Tejiendo Redes.
C/ Hermanos García Noblejas, 41, 8º. 28037 - MADRID.
Tlf: 91 4084112 Fax: 91 408 70 47. Email: comunicacion@fidc.gloobal.net

SPIP |