Communiqué : Les protestations sociales se multiplient et s’amplifient

jeudi 16 janvier 2014

Source : E-jousour

Date : 13 janvier 2014

Mots clés : Tunisie, Droits Humains, Droits civils et politiques, Mouvements sociaux

Depuis le début de ce mois de janvier 2014, les protestations sociales et les manifestations ne cessent de se multiplier et de s’amplifier. Elles touchent nombre de secteurs essentiels et gagnent plusieurs régions. Le mouvement est multiforme : surtout des grèves et des sit-in, mais dans certains gouvernorats des barrages sur les routes et la fermeture des services locaux du Trésor.

· Les médecins et dentistes résidents et internes ont observé une grève du 2 au 7 janvier pour exprimer leur rejet du projet de loi qui les astreint à un travail obligatoire durant trois ans et pour réclamer une loi cadre pour la profession de médecin interne et de médecin résident »

· Les magistrats ont décrété une grève de trois jours à partir du 7 janvier pour protester contre la non application par le gouvernement du mouvement partiel proposé par l’Instance provisoire de l’ordre judiciaire créée par l’ANC et dont l’une des prérogatives est d’entériner ces mouvements. Les magistrats protestent également contre l’absence de garantie d’indépendance de la justice dans le nouveau projet de constitution.

· Les différentes régions du pays sont secouées par des mouvements de protestation populaire contre les nouvelles mesures fiscales prises par le gouvernement dans le cadre de la loi de Finance 2014 qui prévoit des taxes élevées sur les agriculteurs, les voitures…

Le CRDHT suivant de très près ce qui se passe dans le pays tient à souligner ce qui suit :

1. S’agissant de la grève des médecins et dentistes internes et résidents

Le CRLDHT rappelle que le projet de « travail obligatoire » - décidé sans aucune consultation avec les structures professionnelles- n’est pas conforme aux conventions et lois internationales et appelle à revoir l’organisation due secteur de la Santé, en constante détérioration depuis des mois, et en particulier les rapports entre les médecins et le ministère de tutelle

Toutesles régions, notamment celle de l’Intérieur doivent être dotées des services, de l’infrastructure sanitaires et du personnel hospitalier nécessaires.

2. La grève des magistrats :

Le CRLDHT apporte son soutien total aux revendications légitimes des magistrats et se joint à eux pour demander pour exiger que la nouvelle constitution stipule explicitement l’indépendance du parquet par rapport au pouvoir exécutif

3. Les mouvements sociaux :

Compte tenu de la légitimité de la colère populaire contre une pression fiscale qui vient aggraver la situation sociale et hypothéquer un pouvoir d’achat déjà affaiblie.

Le CRDHT se joint à toutes les voix rejetant la loi de Finance de 2014 hâtive et univoque et marquée par l’improvisation et l’absence de concertation avec les parties en présence. Il en appelle à tous pour que les manifestations se déroulent conformément à la loi et de manière pacifique et que le gouvernement se mette à l’écoute de la contestation populaire et renonce au traitement sécuritaire des mouvements populaires. Il demande au prochain gouvernement de réviser la loi de Finance 2014, en coordination avec les partenaires sociaux, et de prendre en compte les impératifs de la justice fiscale.

A propos des déclaration de Habib Ellouz

Une fois encore, le député du parti Ennahdha Habib Ellouze provoque une polémique. A l’occasion d’un débat à l’ANC autour de la place de l’islam dans la future constitution, il n’a pas hésité, dans une déclaration radiodiffusée, à traiter son collègue, député du pari des Patriotes démocrates unifié, « d’ennemi de l’islam », dont « le cas sera tranché par le peuple ». Il a par la suite présenté des excuses qui sont restées en deçà de l’anathème sans appel.

Ces déclarations ont été proférées à moment ou une fatwa a été lancée contre Mongi Rahoui le menaçant d’assassinat dans les 48 heures. La majorité des groupes parlementaires ont condamné le propos excommunicateur de Habib Ellouze et appelé le président de l’Assemblée nationale constitutionnelle à prendre les mesures prévue par la loi. Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) considère que l’amendement de l’article 6 interdisant « l’accusation d’apostasie » (takfir), constitue une réponse politique contre les déclarations du député Ellouze, un simple interdit précisément en deçà de la gravité d’une telle accusation qui doit être passible de la loi comme un véritable appel au meurtre, et donc comme un crime.

Le CRLDHT appelle, en conséquence, toutes les forces vives à l’intérieur comme à l’extérieur du pays pour faire face aux menées d’excommunications des milieux fanatiques dont Habib Ellouze est l’une des figures emblématiques. Le CRLDHT exprime toute sa solidarité au député Rahoui ainsi qu’à tous les hommes politiques, militants associatifs, journalistes, syndicalistes, intellectuels, créateurs… menacés de mort en raison de leurs opinions, de leurs idées ou de leurs croyances.

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie

Membre du Réseau euro méditerranéen des droits de l’homme

21ter, rue Voltaire 75011 Paris- Tél/fax : +33(0)143729734- email : crldht@wanadoo.fr

10 janvier 2014

Voir en ligne : http://www.e-joussour.net/node/13268

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