Le Forum Egyptien d’Organisations Non Gouvernementales indépendantes sur les Droits de l’homme condamne les croissantes restrictions imposées à la société civile et alerte sur le projet de législation prétendant paralyser les organisations non gouvernementales en Egypte.

mercredi 6 mars 2013

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Source : Institut pour les Études sur les Droits de l’homme du Caire.

Date : 6 mars 2013.

Mots clés : Droits de l’homme, organisations de la société civile, Égypte. Lors d’une intervention orale présentée au Nations Unies :

L’Institut pour les Études sur les Droits de l’homme du Caire, lors d’une intervention orale auprès du Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies, hier 5 mars 2013, au nom du Forum Egyptien d’Organisations Non Gouvernementales indépendantes sur les Droits de l’homme (le Forum) a alerté sur les croissantes lois et les pratiques répressives visant à isoler les organisations de la société civile en Égypte et afin de détruire sa capacité de fonctionnement et jusqu’à l’existence même. L’intervention a été la réponse au rapport présenté par le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la Situation des Défenseurs des Droits de l’homme (SR) dans le cadre de la XXII Session de la Commission des Droits de l’homme, qui a lieu à présent à Genève.

Le rapport du SR constate que les défenseurs égyptiens des droits de l’homme et les organisations de la société civile ‘constamment cibles de… restrictions qui entravent sérieusement la capacité des dites organisations et des défenseurs des droits de l’homme qui travaillent avec elles, pour réaliser et développer pleinement leurs activités fondamentales [1].’ En réponse, le Forum, constitué par vingt-trois organisations égyptiennes des droits, a assuré que si les projets de loi récemment présentés devant du Conseil Shura para le gouvernement du Président Morsi et le Parti de Justice et Liberté, seraient approuvés, ce serait la législation la plus répressive contre la société civile qui n’ait jamais existé en Égypte.

Le Forum a alerté qu’il existe déjà des restrictions contre la société civile égyptienne, bien que la loi proposée n’ait pas encore été adoptée. En effet, compte tenue le refus du gouvernement d’approuver du financement, des organisations comme la Nouvelle Fondation de la Femme, ont été forcée à faire de réductions drastiques du personnel et des activités. Le gouvernement essaye depuis longtemps d’isoler la société égyptienne : justement le mois dernier, le Premier Ministre a envoyé une lettre à une des plus anciennes organisations égyptiennes des droits, l’Organisation Égyptienne des Droits de l’homme, les prévenant de ne plus collaborer avec les organisations étrangères, parmi lesquelles se trouvaient les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies.

Le gouvernement égyptien lui-même, a une longue fiche où sont enregistrés les refus réitérés de coopérer avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies. Sur un total de sept sondages d’opinion que le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la Situation des Défenseurs des Droits de l’homme a envoyé au gouvernement égyptien, suite aux plaintes déposées sur des violations commises contre la société civile et contre les activistes pour les droits dans le pays depuis 2011, un seul a été répondu par les autorités égyptiennes. [2] Il faut remarquer que la non réponse des autorités égyptiennes dans ces moments précis est dramatique, juste au moment où le gouvernement égyptien est responsable de nombreuses violations des droits et pour lesquelles il n’a pas aucune justification vis-à-vis la communauté internationale. De même, le gouvernement égyptien doit autoriser la visite du SR en Égypte, malgré les sollicitudes présentées pendant trois ans. [3]

Le Forum a conclu son intervention tout en exprimant que les violations observées actuellement en Égypte sont représentatives d’une tendance globale vers une croissante répression contre la société civile et les défenseurs des droits de l’homme, qui collaborent avec celles-ci ; que cette politique répressive peut être extrêmement nocive à la progression et la protection des droits de l’homme au niveau international. Comme il a été exprimé par le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, on ne peut pas atteindre aucun progrès sans l’existence de sociétés civiles indépendantes. Les vingt-trois organisations ont prié instamment la Commission des Droits de l’homme à mener une action urgente et énergique pour mettre fin aux schémas visant à étouffer la société civile et à asphyxier les défenseurs des droits de l’homme.

Intervention Orale Commune avec le Forum Egyptien d’Organisations Non Gouvernementales indépendantes sur les Droits de l’homme : http://www.cihrs.org/wp-content/upl... .

Voir en ligne : http://www.cihrs.org/?p=6090&lang=en

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